Roman Bürki entame sa troisième saison au Borussia Dortmund. Le jeune gardien, alors âgé de 24 ans, a réalisé plus qu’un simple transfert en passant du Sport-Club Fribourg à la Strobelallee à l’été 2015, mais il a désormais l’impression d’être là depuis longtemps, à tous les égards.

La saison dernière, c’est-à-dire sa deuxième saison au BVB, il a arrêté 71% des tirs dirigés contre sa cage et a réussi neuf clean sheets. En 27 rencontres de Bundesliga, il n’a été battu que 29 fois (une fois toutes les 84 minutes) – parmi les gardiens titulaires, seul Manuel Neuer fait mieux. Le kicker-Sportmagazin lui a attribué une note moyenne de 11,7/20, en deuxième position derrière le gardien de Cologne Timo Horn (12/20).

Bürki se voit comme un gardien qui participe au jeu et joue haut lorsqu’il a la balle, en onzième joueur de champ, pour recevoir des passes en retrait des deux pieds et distribuer le ballon immédiatement. Il veut lancer les actions rapidement, même en effectuant de longs dégagements millimétrés. Dans ce contexte, il avoue sans problème que « comme presque tous les gardiens de ma génération, je me suis beaucoup inspiré de Manuel Neuer ».

Ce dont il n’a pas eu besoin de s’inspirer, par contre, c’est l’ambition, qu’il a sans doute héritée de son père. Ce dernier était également gardien et Roman Bürki analyse encore aujourd’hui avec lui ses prestations au téléphone après chaque match. Ses coéquipiers le savent depuis longtemps: Roman Bürki ne rechigne pas devant les heures supplémentaires. Ils l’apprécient car ils savent qu’ils peuvent compter sur lui, mais également pour son caractère simple, très naturel et sympathique et également pour sa capacité d’autocritique.

Des erreurs? Bürki en commet de moins en moins souvent depuis la trêve hivernale de 2016. Le fait que l’ombre de son prédécesseur, encore très pesante au début, se fasse de moins en moins ressentir est à mettre au crédit de Roman Weidenfeller lui-même. Roman Bürki a eu droit à un tout autre traitement que Weidenfeller avec Jens Lehmann à l’époque. « Il m’a accueilli chaleureusement. Il a toujours été correct », affirme Bürki, qui souligne les relations très positives entre les deux gardiens de Dortmund. « Roman est un gars génial. Lorsque j’ai des questions, je peux m’adresser à lui sans hésiter. Nous nous complétons bien. » Roman Bürki a trouvé son équilibre grâce à l’attitude aimable de l’ancien numéro un: « Je ne suis plus le gardien venu de Fribourg, mais je suis celui de Dortmund. »

Roman Bürki est arrivé à Dortmund et s’est fondu dans le décor. Il vit là où l’acier était fondu il y a 20 ans: à la Phoenix-See dans le quartier de Hörde. « J’aime cet endroit. On peut profiter de l’air frais et les cafés sont géniaux. » En hiver, le joueur de 26 ans passe son temps libre autrement: « Lorsqu’il fait froid, je préfère jouer à la Playstation et je vais faire du shopping, à la Thier-Galerie par exemple. On peut s’y installer confortablement et boire un verre. » En effet, les personnes qui le croisent « sont discrètes. C’est aussi ça que j’aime à Dortmund. »

Lorsqu’il est chez lui, en Suisse, dans sa ville paisible de Münsingen et ses 12 000 habitants, là où tout a commencé et où ses parents et grands-parents vivent encore, Roman Bürki a beaucoup de choses à raconter, « surtout au sujet de Marco Reus. Il est le joueur auquel tout le monde s’identifie. Pour les Suisses, c’est l’une des grandes stars avec qui je joue. Beaucoup me demandent comment sont ces joueurs en dehors du terrain et veulent savoir ce que cela fait de se trouver devant notre mur. »

Rien d’étonnant: la tribune Sud pourrait contenir le double de la population de Münsingen.

Palmarès :

  • Challenge League : 2010 avec le FC Thoune
  • Coupe Suisse : 2013 avec le Grasshopper Zurich
  • DFB Pokal : 2017